Platon, via Socrate, commence un grand dialogue en se demandant ce qu’est la Justice, ce qu’est le Juste. Le rhéteur discute longuement avec ses interlocuteurs et conclut que la Justice est lorsque chacun fait ce qu’il doit faire, et uniquement ce qu’il doit faire. La Justice est donc le respect strict du devoir, dans la vertu et sans le vice. Mais, cher philosophe, c’est que l’on pourrait longuement tourner en rond en se demandant ce que sont le devoir, la vertu et le vice.
Cette démarche stérile n’aurait pas eu lieu s’il n’avait pas formulé la prémisse que la Justice en soi et pour soi existe, mais s’il s’était plutôt basé sur la réalité qu’elle n’existe pas. Il fut trompé par son sixième sens, son intellection. Il vivait dans un monde où la réalité lumineuse lui était masquée par ses idées ombrageuses, comme prisonnier éternel de ces idées. Il tournait le dos au réel et préférait faire face au mur caverneux de ses idées.
