Dans la tragédie, on est tranquille. D’abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme ! Ce n’est pas parce qu’il y en a un qui tue et l’autre qui est tué. C’est une question de distribution. Et puis, surtout, c’est reposant, la tragédie, parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir, le sale espoir ; qu’on est pris, qu’on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu’on n’a plus qu’à crier, — pas à gémir, non, pas à se plaindre, — à gueuler à pleine voix ce qu’on avait à dire, qu’on n’avait jamais dit et qu’on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien : pour se le dire à soi, pour l’apprendre, soi.
— Jean Anouilh, Antigone
À crier
21 décembre 2008 par Vincent Sremed

Vincent est- ce que tu vivrais à ce point une tragédie digne des tragédie? Et que ce crie textuel est ” ta tragédie ” .
Merci de me rappeller de relire ce classique dans les moments ” creux du temps des fêtes à venir”
@Loup :
C’est tragédie que de devenir un homme…
Bonsoir Vincent,
Voici un secret (ce n’est plus un secret
) :
Je relis aussi ce livre!
J’ai la petite édition “la table ronde” j’aime ce passage (p. 54).
A bientôt de
Versions célestes
@Versions Célestes :
À lire et à relire !