Thésée, l’inventeur mythologique de la démocratie athénienne, était bien comme Jason et Ulysse, autres héros rusés : persuasif et menteur.
Il allait donc par les dèmes et les familles propager ses vues. Les simples particuliers et les pauvres acceptaient aisément le projet ; quant aux puissants, il faisait briller à leurs yeux la perspective d’un État sans roi et d’une démocratie, qui le réduisant lui-même aux attributions de chef de guerre et de gardien des lois, assurerait à tous l’égalité. Les uns étaient réellement convaincus ; les autres, redoutant sa puissance, qui était déjà grande, et son audace, aimaient mieux céder à la persuasion qu’à la force.
—Plutarque, Thésée, XXIV. (trad. B. Latzarus).
Ainsi, pauvres et riches, faibles et puissants, convaincus aisément par la parole persuasive et mensongère de Thésée, ou par sa menace violente, lui laissèrent régner avec en main les véritables pouvoirs, ceux de l’armée et des lois, et regardèrent briller devant leurs yeux le mirage de la démocratie.
Je me convaincs aisément, en regardant la démocratie ambiante, qu’il y a plus de réalité dans ce mythe que de fable.
