Je fis un cauchemar. Je rêvai que je me jetais dans un énorme volcan qui expirait une fumée épaisse et toxique, crachant comme un tuberculeux des cendres noires et suffocantes, allant insidieusement empoisonner tous les cours d’eau et vergers environnants. Je voulais ainsi expérimenter sa puissance destructrice par ma propre vie et vérifier si j’allais me désintégrer avant d’atteindre la lave en ébullition, par son rayonnement intense, ou si j’allais être anéanti seulement après avoir plongé tête première dans la masse bouillonnante de ce torrent enflammé.
C’est alors que juste avant que mon corps ne devienne incandescent, le volcan se métamorphosa en une immense place publique et la lave devint une foule dense et fluide, scandant hargneusement mon nom pour me condamner à la potence, pour le bien de la justice et de l’égalité. De cette foule se déversaient des rivières de gens qui, de haut, ressemblaient à des millions de fourmis se frayant un passage hors des orifices d’une fourmilière attaquée par un tamanoir. Tous allaient dans la même direction, tous hurlaient les mêmes paroles et réclamaient bizarrement, l’écume à la bouche, cette justice et cette égalité.
Je me réveillai subitement en sueurs, fiévreux et nauséeux, la bile atteignant ma gorge et y provoquant une désagréable sensation de brûlure. Il me fallut un certain temps avant de m’en remettre, mais ce songe ne cessa de me tracasser l’esprit comme le ressac d’une mer qui érode sans cesse une berge rocailleuse.

Si ce sont vraiment vos songes nocturnes – tout une agitation!
Mais le plus intéressant reste toutes ces images…
Les rêves/cauchemars, quand on peut s’en souvenir sont parfois d’une richesse folle…
(prenez garde à qui vous les partagez ; toutes richesses est exploitable…)
Romain D.
Merci du conseil. Ne vous en faites pas, je ne vais pas chez le psychanalyste.
Vincent très bon billet comme la majorité de vos billets. Mais celui très dur mais réaliste comme image. Ce rêve/cauchemar me semble être une vengeance cauchemardesque envers des gens et des situations qui ont perturbé la vie et l’esprit du rêveur et que ce cauchemar serait une sorte d’exutoire.
Le dernier paragraphe me le confirme bel et bien en mots mon idée de la forme exutoire de ce splendide et dure billet
LoupDeVille