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Fin et début

Le livre est mort, vive le livre !

Passez au livre suivant avec moi vers un endroit relogodopaminé : http://logodopamine.wordpress.com

Au revoir

aurevoir

ce fut un plaisir de vous lire chers amis

d’échanger avec vous, toujours plus nombreux, disséminés à travers le monde

vous m’avez apporté beaucoup par la richesse de vos réflexions

et de vos poésies

vous avez nourri mes mots par vos yeux et vos paroles

je vous quitte plus sereinement que je vous ai connus

je n’ai pas trouvé de réponse ou je ne sais quoi

mais j’ai épuisé mon venin et mes maux

ce goût amer à ma bouche s’est peu à peu dissipé

laissant place à un soupçon de bonheur

un peu de sucre

en fin

.

au revoir, vous me manquerez

.

.

PS : ce blogue disparaîtra probablement dans les semaines à venir, je n’y interviendrai plus

Nico remet une médaille de « Commandeur » à Jeannot. Quelle belle amitié. Quelle belle congratulation. Paul Desmarais le très digne Grand-Croix ne doit pas être loin.

Et Sarko en profite pour faire un incident diplomatique de plus et semer la pagaille. C’est à se demander si ce «Naboléon» eut pu situer le Québec sur une carte ou différencier la ville de Québec de la province de Québec avant sa présidence.

Cela dit, le problème québécois est extrêmement complexe et dépasse le « sectarisme, le renfermement sur soi-même ou la définition de son identité par opposition féroce à l’autre ».

Je n’accepte pas d’être sujet de la reine d’Angleterre. Je n’accepte pas ce système fédératif inégal. Je n’accepte pas la centralisation bureaucratique. Je n’accepte pas les dédoublements inutiles. Je n’accepte pas l’ingérence constante du fédéral dans les compétences provinciales. Cela me suffit. Je me moque de « l’ethnicité » ou de « l’historicité » québécoise, et même du « fait francophone québécois ».

Le «very Canadian» De$marai$, Inc. est-il le conseiller de Sarkozy pour ses relations avec le Québec ?

Rembetiko, Kostas Ferris, 1983.

Le petit champion

J’ai manqué de jugement et je me suis comporté de façon inappropriée. Je n’ai que 23 ans et malgré mes succès en piscine, j’ai agi de façon juvénile. Je n’ai pas été à la hauteur de ce que les gens attendent d’un champion olympique. Je regrette sincèrement mes actions et je garantis que je ne recommencerai plus.

— Michael Phelps

Il fait pitié. Il ne s’est pas conduit en champion cette fois-ci, avec ses piteuses excuses. Il vient de manquer l’occasion rêvée d’envoyer le monde paître de l’herbe en disant qu’un champion est un humain qui peut aimer la marijuana et qu’il se contrecrisse de ce que les gens attendent d’un champion olympique.

Bon, il n’a que vingt-trois ans. Il lui reste encore quelques années pour devenir un homme et quitter ces façons juvéniles de penser.

À rebours

J’ai un (autre) compte à rebours qui est commencé.

Il y a un petit quelque chose d’angoissant de quitter une vie pour une autre… sans arrêt.

En regardant ce qu’est ma vie depuis plus de dix ans, elle m’apparaît comme un long va-et-vient. Un long coït ininterrompu. Métaphoriquement, entendons-nous.

Enfin, je me comprends. Peut-être pas, au fond. Coït trop interrompu ? Abstinence interrompue ? Bah ! Changeons plutôt de métaphore.

Une présence interrompue ? Une absence ininterrompue ? Une présence rompue ? Une absence à tout rompre ? Celle-ci ne fait pas non plus…

Oublions tout.

Pour peu qu’il fasse beau temps demain. Au fait, peut-il être beau, le temps ? Peut-être quand il est à rebours…

Abciximab

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mes pensées coagulent
un caillot me bloque l’âme
ça refoule
ça ne pompe plus
ça reste en dedans
ça fuit à l’intérieur
comme une mauvaise humeur
je veux me déthromboser
me reperfuser
me réoxygéner
me déverser

Il tue un jeune d’un coup de poing à la tête. Acquitté.

Ces cinq personnes battent à mort une autre « par erreur ». Acquittés.

Il tue avec ses armes prohibées un policier venu l’arrêter à son domicile. Acquitté.

etc.

Procès avortés. Vices de procédures.

Justice kafkaïenne à l’envers.

Un jour, l’homme vagabond arriva devant le Caucase et aperçut Prométhée enchaîné à la montagne. Un grand aigle lui dévorait le foie.

Prométhée lui dit :

— Ô homme qui jadis fut de ceux que je protégeais et que je chérissais le plus contre les dieux, ne vois-tu pas que je souffre ? Trouve un arc et des flèches et abats cet aigle qui me ronge éternellement les entrailles ! Cherche donc une masse d’airain pour briser mes chaînes !

— Mais où donc trouverais-je un arc et une masse d’airain ? Il n’y a personne d’autre que des dieux dans les environs.

— Tu es bien un homme… Deviens donc voleur comme Ulysse et fort comme Héraclès et cours sur l’Olympe dévaliser l’atelier d’Héphaïstos ! Va te dissimuler dans la demeure d’Apollon et prends-lui son arc ! Vous les hommes, avez une dette envers moi. N’oublie pas que je vous ai donné le feu grâce auquel vous avez la chaleur, la lumière et la cuisson de la viande.

— J’aurais préféré que tu ne nous le donnes jamais, ce feu. Nous nous réchauffions auparavant en nous rapprochant les uns des autres, nous nous éclairions avec la lune et les étoiles, et quand le ciel était noir, nous attendions l’aube pour nous mettre au travail et passions nos nuits à rêver, au lieu d’y travailler avec des torches. Quant à la viande, nous préférions les fruits des arbres et quelques poissons crus pêchés le jour-même. Le lion et l’ours ne font pas cuire leurs aliments, ni la gazelle et la brebis ! Oui, ce feu que tu as volé a causé notre malheur ! J’ai fui le monde des Grecs car le feu y fait des ravages. Le feu y a apporté la guerre. Les amis d’avant sont maintenant des ennemis, ils allument les maisons de leurs anciens frères, ils brûlent sur de grands bûchers ceux qui ne pensent pas comme eux, ils chassent plus qu’ils en ont besoin tous les animaux en les terrorisant avec leurs flammes, ils forgent avec le bronze des armes solides pour tuer à coup sûr. C’est de cette dette dont tu parles !

— Mais mon ami, tous les malheurs du monde proviennent de mon imbécile de frère et surtout de sa sotte femme, Pandore. Tu le sais bien, c’est la femme qui est la source du mal pour l’homme, c’est elle qui a apporté tous les maux. Soit raisonnable et juste. Délivre-moi de cette injuste prison.

— Je l’ai vue Pandore, je lui ai parlé. Elle fut mon amante. Elle m’a tout dit Prométhée. Elle m’a dit la réalité. Elle m’a dit ton mensonge.

— Honte ! Tu as couché avec la femme de mon frère ! Délivre-moi que je te châtie comme tu le mérites ! Homme !

— Il n’y a rien de honteux. Elle m’aimait. Et moi aussi je l’aimais. Ton idiot de frère ne la voyait même plus. Elle n’était plus femme avec lui. Elle n’était plus pour lui qu’un bibelot qu’il cloîtrait de force dans le gynécée. Elle était comme une vieille boîte qui traînait au coin d’un mur, une boîte pourtant remplie de maux, Prométhée, elle souffrait. Elle voulait s’ouvrir, libérer ses maux, les crier à la face du monde. Au nom de toutes les femmes.

— Que dis-tu là. Cette femme est perfide. Qu’elle reste donc enfermée. La place d’une femme est au foyer.

— Elle m’a dit comment tu avais utilisé ton frère pour tes desseins.

— Mon frère est un imbécile. Je suis l’aîné, il doit m’obéir.

— Pour tes desseins, tu l’as utilisé comme tu as utilisé les hommes !

— Allons ! Délivre-moi, vagabond. Si tu me délivres, je te ferai riche. Je te donnerai mieux que le feu. Je te donnerai le pouvoir sur tous les hommes.

— Voilà qu’à nouveau tu ruses, Prométhée. Mais moi je ne me laisserai pas tromper par tes mensonges. Je sais que tout ce que tu fais est manipulation, mensonge.

— Arrête !

— Tu as utilisé Épiméthée pour qu’il t’aide à détrôner le Kronide, tu as utilisé les hommes pour qu’ils se révoltent contre Zeus. Tu leur as donné ce feu que tu avais volé pour qu’ils se soulèvent, à tes ordres, contre le vieux père. Tu voulais prendre le pouvoir et installer ta domination, ton règne, sur les dieux et sur l’humain. Ah ! Tu le détestais, Zeus, et tu n’aimais pas plus les hommes. Tu savais pourtant très bien, avec ta grande prévoyance, qu’ils utiliseraient le feu contre eux-mêmes. Mais cela ne t’as pas empêché de poursuivre ton œuvre. Et je ne te pardonne pas ton pire crime Prométhée. Tu as utilisé la femme pour cacher tes mensonges. Tu lui as fait porter l’odieux des désordres du monde, simulant un complot des dieux, afin de détourner la hargne des hommes vers elle plutôt que vers toi. Tu as bien caché ton jeu, mais le vieux Zeus était plus sage que toi et voilà qu’il t’a enchaîné. Il laisse les hommes tranquilles, lui. Il ne se mèle pas de nous, contrairement à toi. Il règne sur ses dieux seuls et nous laisse nous accorder entre nous. Il ne prétend pas comme toi être notre créateur.

— Homme ! Aide-moi, délivre-moi ! Je te ferai prince ! Tu seras riche et puissant !

— Reste donc là à te faire arracher le foie, les poignets serrés. Je passe mon chemin et je vais découvrir le monde, loin de la Grèce, chez les tranquilles barbares où le feu ne s’est pas encore propagé. Avant que ce fléau ne s’y rende, inévitablement. Avant que la civilisation que tu as créée s’y répande et y fasse des incendies.

— Oui, va-t’en ! Tu n’es qu’un humain ! Mort à toi ! J’attendrai bien qu’une brute idiote consente à me délivrer. Je sais que Héraclès doit passer par ici un jour où l’autre. Lui n’a pas ton intelligence, mais il est fort et saura tuer cet aigle et briser mes chaînes.Tu auras beau révéler ce que tu sais, ce n’est pas toi que l’on va croire. Les hommes croiront un dieu.

— Alors qu’il en soit ainsi. De toute façon, il est trop tard. Le feu ne peut plus être enlevé aux hommes. Le mal est fait. J’irai mourir chez les barbares. J’y serai en paix jusqu’à ce qu’y vienne la civilisation. Et je préfère être mortel, car mes plaisirs sont plus grands que les tiens. Je sais que je ne les vivrai qu’une seule fois. Et je m’en vais les vivre jusqu’à la mort. Toi, tu ne connaîtras jamais la volupté des plaisirs quand on sait que la mort nous guette. Il te reste la douleur. La douleur éternelle à ton foie et à tes poignets. Elle n’est pas moindre quand on est immortel. Adieu.

Et le vagabond reprit son chemin, jusqu’à la tombée de la nuit, une nuit sans lune, éclairée par des milliards d’étoiles, comme il n’en avait jamais vue. Il voyait scintiller dans le ciel comme un remerciement des astres.

Sophiaphilie

L’amour de la sagesse : une perverse paraphilie.

Les sophistes au moins n’avaient pas cette perversion…

Dernier visiteur

fin2

Myre a le sourire d’un ange
à travers ses milles rides qui burinent sa peau parcheminée
ses jambes rougies sont trouées d’ulcères jusqu’aux tendons
ses chevilles variqueuses et ses artères obstruées
ne supportent plus le poids alourdi de son corps en devenir
ni son genou pulvérisé par une tuberculose ancienne
ce soir elle souffle bruyamment, et trop vite !
affaissée dans son lit, grabataire
les reins bouchés et le cœur désynchronisé
l’eau qui lui donnait la vie transsude en trop entre ses plèvres suffocantes

Myre a le sourire d’un ange aux lèvres cyanosées
pourtant elle est seule
elle mime comme dans un miroir
l’ange qu’elle s’imagine envoyé par la mort en dernier visiteur

Échappatoir

La vie pour le travail.

Ce pourrait être une maxime de « droite » comme de « gauche ».
Caricarituralement, les uns veulent se réaliser dans leur travail — leur « réussite épanouie » en dépend—, les autres veulent réaliser les autres et leur bien par leur travail et leur abnégation.

Certains mélangent même ces deux désirs.

Désirs ! Mais ces vertus péripatéticiennes et platoniciennes, si l’on peut dire, ont donc fini par devenir des désirs !

Pis encore, le travail est la nouvelle essence de l’homme.

— Qui êtes-vous ? Un ébéniste, un professeur, un médecin, un policier, un écrivain, etc. ?

— Et quand le travail est terminé ? Un retraité bien entendu.

— Et le savoir ? Mais l’université forme les travailleurs de demain !

— Vous êtes retourné étudier ? Vous voulez changer de travail ?

— Ah ! Mais vous ne travaillez pas ? Vous êtes malade ? Invalide ?

— Ah ! Mais vous travaillez peu ! Fainéant !

Mais c’est qu’il calcine l’être, votre travail.

La vie pour le travail.

Échange de l’une contre l’autre.

Et si la plupart diront que le travail est nécessaire pour vivre, on peut se demander ce que serait la vie de la plupart sans l’échappatoire du travail.

Graffitarts

Aux intéressés, nouveau lien vers mes Graffitarts Anonymes :

graffitarts.wordpress.com

Merci !

Mon cœur est pris dans une roche
Une personne et une personne font un
Une personne et zéro personne font zéro

— Entendu cet après-midi de la bouche d’une personne en psychose

Il y a quelque chose de poétique dans la psychose.

De la poésie surréaliste. La pensée en écriture automatique.

Reçu dans mon courrier officiel par Fax ce matin:

 

Dr (Moi)

Mon nom est Pabo Diaz et je suis administrateur du panel pour l’étude Promo Plus. Je désire vous transmettre la présente invitation au nom d’IMS Health, à faire partie d’un groupe sélect de médecins qui participent à un important sondage Web qui analyse l’activité pharmaceutique promotionnelle partout dans le monde. Ce sondage est conçu afin de fournir une rétroaction aux sociétés pharmaceutiques dans le but de les aider à améliorer la qualité de l’information(sic) et des services(sic) qu’elles offrent. Dans cette étude, vous auriez à faire rapport mensuellement, par l’intermédiaire de notre site Web sécurisé, sur vos interactions avec les représentants des sociétés pharmaceutiques [elles sont volontairement nulles dans mon cas], sur les séminaires auxquels vous avez assisté et sur votre participation à des essais cliniques[nulles aussi].

Votre participation commencerait le 1er février 2009. Vous recevrez un courriel avec votre mot de passe le premier du mois. Chaque mois, vous enregistrerez vos commentaires anonymes(sic) sur les activités des sociétés pharmaceutiques. En plus de profiter d’une occasion unique de contribuer de manière anonyme(sic) à l’étude, vous serez rémunéré jusqu’à concurrence de 340$[et en plus c'est de l'arnaque à ce tarif] par année.

Les salauds.

Ils ne m’auront pas comme leur pute, ni même comme pute de luxe.

Et quelle insulte à l’anonymat.

Révolu

communist-mod1

Il n’y aura pas de justice sans révolution

Il n’y aura pas de révolution sans justice

Il n’y aura pas de révolution sans révolution

Il n’y aura pas de justice sans justice

Il n’y aura pas de justice

Il n’y aura pas de révolution

Il n’y aura pas d’évolution

Il n’y aura pas de

Hypnagogie

nuit

mes yeux

obstrués s’affolent

saccades rapides

entre le nez et l’oreille

sous mes paupières closes

pendant que moi

qui m’endors

fuis l’obscurité

et allume mes lanternes

hypnagogiques

et la lumière se fait

crescendo en ma tête

je distingue un visage

et des lèvres…

mais la lumière devient trop intense

brûlante

volcanique

je ferme mes regards intérieurs

échappant à l’irruption

j’ouvre les paupières

dans l’obscurité froide

noire pierre d’un volcan éteint

Я/ты

ya-ty3

(par V. Sremed 25 janvier 2009)

Moi/toi

j’allais en forêt sans peur
avec mon p’tit pot de beurre
cueillir quelques champignons
pour rapporter aux gloutons
grand-mère m’avait averti
n’écoute pas les pervertis

quand je rencontre le loup
au coin d’un arbre tout à coup
me dit cher petit mouton
jette donc ces champignons
prends plutôt tout cet argent
tu pourras vivre longtemps

quand je retourne aux gloutons
ils me disent petit mouton
donne-nous donc nos champignons
je leur réponds sur-le-champ
je préfère vivre longtemps
et garder tout cet argent

et c’est alors que débute
un bel ensemble de disputes
les gloutons veulent cet argent
ils veulent aussi vivre longtemps
ils l’arrachent avec fureur
me laissant le pot de beurre

cependant le loup arrive
profitant de ces dérives
sautant sur les paresseux
gloutons aux jarrets graisseux
moi je r’tourne aux champignons
grand-mère avait bien raison

et au loup tous les gloutons !
et au loup tous les gloutons !

Néologodopaminé

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enfauteuillé

anordinateurisé

je translivrine, je me dysemphilosophise

je me circonsophise, je m’intrapervertis, je m’extrapoétise

je me surdopamine et me détête

je suis postadrénaliné comme un regenouillé

je me désanarchise puis me réanarchise en dérévoltes

j’ultramotise de dérêveries métacynismées

je subvis ou j’archivis en internance

faussementalisé d’amortalité

mais j’antémeurs en hypoflammèches

failliblement

Fantasme (Muriel Moreno) d’un adolescent de 12-14 ans. Quand je suis devenu athée. Et pour ses paroles qui m’ont fait découvrir le monde réel (avec Jean Leloup), toujours actuelles.

Niagara – Assez ! – 1988 (de l’album Quel Enfer !) :

Niagara – J’ai vu – 1990 (de l’album Religion) :

Sabra et Chatila

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et ils valsèrent avec Bashir
l’assassiné nouveau
autour de la mort en phalanges
sur une musique de détonations
observant les exécutions libres des corps
et leurs chutes en cadence
les yeux écarquillés
contemplant la danse assassine
de Sabra et Chatila

qu’entendons-nous qui trouble la valse et brouille la vue de larmes ?
des applaudissements ?

non. des femmes, des cris hystériques de femmes
des pleurs désynchronisés, des grincements de dents

Je la connais déjà. Elle arrive d’elle-même, lentement, s’assoit sur la chaise qu’elle connaît trop bien. Elle a pris l’initiative de passer la première étape de l’enregistrement. C’est la quatrième fois. La première, elle le fit seule. La seconde fut devant son conjoint. La troisième devant sa psychologue. Cette fois-ci, elle l’a fait à nouveau seule.

J’arrive et regarde rapidement son bras dont le sang dégoutte sur le plancher, près de la chaise. Elle a cinq ou six longues lacérations cutanées transversales, profondes, mais sans atteindre les vaisseaux, ni les nerfs, ni les tendons. Elle attendra son tour. Je vois trois autres personnes. Puis je reviens à elle. Elle tient fermement dans sa main sa lame au sang séché qu’elle ne veut pas lâcher.

— Donnez-moi votre lame.

— Non.

— Donnez-la moi si vous voulez que je referme vos plaies.

— Non. La dernière fois, ils m’ont cousue et j’ai gardé ma lame dans ma main.

— Moi je ne le ferai pas. Donnez-la moi.

— Non.

— D’accord, c’est votre problème. Vous pouvez vous en aller.

Et je la quitte, m’en allant revoir les autres qui attendent. Au bout d’un certain temps je reviens vers elle.

— Vous êtes toujours ici ? Avez-vous changé d’idée ?

— Non.

— Alors je ne peux rien pour vous, vous pouvez partir.

— Si je retourne chez moi je vais me couper les veines à nouveau.

— Mais c’est votre vie madame.

Comme je m’y attendais, elle se coupe l’avant-bras droit devant moi — trois longues lacérations — le sourire aux lèvres. Elle se croit victorieuse.

— Vous ne faites du mal qu’à vous. C’est votre vie ou votre mort. Cela m’importe peu.

J’appelle la sécurité. On lui confisque de force sa lame.

— Maintenant, voulez-vous quitter ou vous faire recoudre les bras ?

— Pourquoi m’avez-vous enlevé ma lame si vous me permettez de quitter ?

— Pour protéger les autres et moi.

Elle se laisse ensuite recoudre passivement, longue besogne, désirant une anesthésie locale et grimaçant de douleur lors de mes injections de xylocaïne.

— Allons. Je vous garde pour la nuit. Vous réfléchirez à ce que vous avez fait. Bonne nuit.

— Puis-je aller fumer ?

— Non. Vous n’avez ici aucun privilège. Et je suis le seul à décider. Mais quand vous voudrez retourner chez vous, vous pourrez y fumer tranquillement.

Et elle se laisse amener entre quatre murs, le sourire aux lèvres.

En révisant la dernière consultation de son psychiatre, il y a deux semaines, je vois qu’il avait noté la même chose que moi : est apte à faire un choix de vie ou de mort.

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nous étions à l’hôtel Farah, chambre 503
un dernier soir dans l’antique Philadelphie
après les jours lumineux d’Aqaba
de houleux détours dans le Wadi Mujib
après aussi la Jérusalem de Madaba et la vieille Gérasa
nous avions dîné à la table d’Abu Khamis
et mangé quelques précieux chocolats d’adieux

mais le lendemain j’avais changé de chambre
ne voulant plus m’enivrer de ton parfum
ni voir tes cheveux oubliés dans les draps
je voulais qu’il me quitte ce serrement à la gorge
étranglée par les mains de ton absence

et j’ai fui la blanche Amman
me réfugiant à Damas puis à Beyrouth
allant vers le couchant, imaginant te rejoindre
et remplir ce vide
cette solitude à répétition
cette vie trouée à l’emporte-pièce

— 2 millions$, du personnel, une nounou, 500 000$ pour la rénovation, des billets d’avion pour Madame, pour sa mère, 35 000$ par mois non imposable pour les enfants, [...] ce n’est quand même pas si pire que ça [et aussi une maison de 2,5 millions$] ?

— [Hésitation] Oui…

—Mais alors pourquoi dire «je veux 50 000$ par mois [de plus] et 50 millions$ de plus» ?

— Alors répondez-moi à une question : est-ce que vous pensez que c’est correct qu’un homme aille chercher une fille de 17 ans au Brésil, qu’il lui donne tout ce train de vie [de milliardaire] et que tout à coup, comme ça ne lui tente plus et que ça ne marche plus pour lui, il lui dit «bon bien restez dans le pays dans lequel il fait froid, pas avec votre famille, et je vous donne rien» et c’est ça que vous voulez ?

J’aimerais comme elle ne rien posséder. Quel miséreux endroit que ce glacial Canada. Quel bourreau que cet homme l’ayant arraché contre son gré d’un paradisiaque soleil brésilien et l’ayant ensuite jetée à la rue glaciale, la condamnant à devenir une petite vendeuse d’allumettes.

Quel cirque !

Ciguë

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chaque fois que j’ai honte
ce poison me cisaille le ventre
et me tenaille le cœur
elle fait s’abaisser mon regard
et me laisse dans la bouche un goût citrique
celui du mot regret
lorsque les remords me mordent les lèvres jusqu’à les fendre
lorsque mon être devient flétrissure
et se renie lui-même
je me piétine de haine
et massacre mon existence
je m’oublie
je m’isole

mais quand je suis seul
je n’ai plus personne devant qui pâlir de honte
et elle s’en va comme elle est venue
mais alors, si je n’ai plus honte quand les autres sont absents
c’est peut-être parce que cette ciguë provient d’eux
c’est donc d’eux que j’ai honte.

Sainteté

Cette menaçante parole, il faut l’écouter, il faut la craindre, il faut l’accomplir, si l’on ne veut que l’extermination suive la désobéissance:

« Celui qui sacrifie à d’autres dieux qu’au seul Seigneur sera exterminé »

—  »Saint »-Augustin, La Cité de Dieu, Livre XIX, ch. 23.

Comme il fut prophète ! Il mérite donc son titre de saint.

J’ai très peu écrit durant mes voyages, malheureusement pour moi. J’ai déjà exposé ici tout ce que j’ai écrit en voyageant, sauf quelques textes de Russie que je ne retrouve plus. Mais j’avais oublié quelques lettres envoyées à ma famille lors de mon premier séjour à l’étranger. Voici les extraits les plus intéressants de ces souvenirs déterrés aux catacombes de ma mémoire.

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Photos de Voyages de Vincent Demers et Katherine Blouin

Bamako, le 20 mai 1998.

[...] Depuis dimanche, je loge chez Boubakar S., 37 ans, marié à une femme, ayant une fille de deux ans et une maîtresse. Sa femme est médecin et se spécialise en France. Il vit dans la même maison que son père, les deux femmes de son père, ses nombreux « petits frères », ses sœurs, les quatre esclaves (ce sont des servantes, mais perçues et traitées comme des esclaves) et d’autres gens de la grande famille. La culture est tellement différente de la nôtre… Nous allons à l’École de Formation en développement communautaire chaque jour de 7h40 à 14h10, sauf le lundi et le mercredi où les cours finissent à 16h10.

[...] Ici, en majorité, les gens sont musulmans et la société est très patriarcale, gérontocratique et fonctionne avec un système de castes. Les plus vieux peuvent commissionner n’importe quel plus jeune et ce dernier obéit toujours sans parler. Les esclaves (servantes) doivent obéir aux maîtres et en échange sont logées et nourries dans la maison (dans la cour) du maître.

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Sanankoroba, le 7 juin 1998.

[...] Je m’entends bien avec les gens et développe beaucoup mes relations humaines. J’ai appris beaucoup de choses ici, mais surtout, j’ai appris à mieux me connaître. [...] J’essaie toujours de vivre chaque moment présent et laisse venir l’avenir comme il vient. [...] Mais je suis surpris de la façon dont les gens ici arrivent à se débrouiller et à être heureux. Le Mali est le deuxième pays le plus pauvre de la planète. Il faut vraiment vivre dans une famille malienne pour comprendre comment on est riche, même sans argent. Nous sommes riches en fleuve, rivières, lacs, arbres, poissons, forêts, gibiers, minéraux, climat, relief, [...] nous sommes riches en eau courante, électricité, vêtements, transport, loisirs, variétés. Notre séjour au Mali est comme un miroir face à nous-mêmes, notre culture, notre philosophie [...].

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Sélingué, le 29 mai 1998.

[...] Le vieux est très gentil et m’a consulté concernant sa fille épileptique !

[...] Grand-papa, j’espère que tout va bien pour toi et que la chaleur ne t’incommode pas trop (comme ici). Ne te fatigue pas et prends soins de bien manger. N’hésite pas à demander à papa et maman si tu as besoin de quelque chose. [J'ai une pensée pour mon grand-père décédé quelques temps après]

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Sélingué, le 30 mai 1998, 14h09.

Hier soir, à la tombée de la nuit, des milliards d’insectes sont subitement apparus. Ils se tiennent près des lumières, en nuages, et on en a reçus plusieurs sur la tête.

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Sanankoroba, le 21 juin 1998, 19h30.

* J’écris cette lettre à la lueur d’une lampe à huile pendant que tous regardent un match de la Coupe du monde de soccer branché sur une génératrice.

[...] Ici, on entend seulement les nouvelles françaises et africaines (nombreuses guerres partout : Éthiopie-Érythrée, Guinée-Bissao, Rwanda, Burundi, Angola, Zaïre, etc.). On entend aussi beaucoup parler du Kosovo, mais c’est surtout la Coupe du monde de soccer qui monopolise les ondes. Aujourd’hui, il a plu après plus d’une semaine de sécheresse et de grande chaleur. Tout est maintenant inondé et tous sont très contents : diminution de la chaleur, bon pour les cultures, travail au champ. [...] La nuit, comme il n’y a pas d’électricité et de lumières au village, on voit des milliards d’étoiles, la voie lactée, des étoiles filantes. Ici, les constellations ont des noms différents. La Petite ourse s’appelle Chameau, une autre s’appelle Mosquée, etc. Mais l’astronomie n’est pas une préoccupation des Maliens. Ils cherchent plutôt à manger. [...] Hier, Djibril, à Kabé, nous a fait cadeau d’un poulet pour le souper. Eux, ils en mangent seulement dans les fêtes, car toute viande au village est un mets d’occasion. Ils mangent du matin, midi et soir. Djibril nous a aussi donné quatre œufs que ses poules couvaient (quatre poussins de moins) et du beurre d’arachides. Il y a un Peul dans le village qui nous donne souvent du lait de sa vache laitière. On est vraiment traités comme des rois. Ils donnent tout alors qu’ils n’ont rien.

[...] J’ai pu pratiquer la médecine un peu en pansant quelques plaies et en désinfectant. Mais je fais surtout des observations et apprentissages. [...] Vous nous dites de profiter du soleil, c’est plutôt de la pluie que l’on profite !

Le clou

Avec la venue d’Obama et le départ de son inculte prédécesseur, les pourfendeurs acharnés des Américains à la vision raccourcie vont peut-être enfin réaliser qu’il y a bien d’autres clous dans le monde sur lesquels frapper.

«Il y a tant d’autres clous à enfoncer pour que la maison soit solide…»

Laissons un peu ce clou-ci de côté et attardons-nous sur les autres qui commencent à rouiller jusqu’à propager le tétanos.

Happy Obama Day

Il y a une beauté indicible à palper un rêve planétaire, à tâter un nuage cotonneux.

C’est le jour du rêve mondialisé aujourd’hui.

Prenons des morceaux de nuage avant qu’il ne soit soufflé par le vent.